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Pour continuer le combat : S'ORGANISER 

En France, la résistance intérieure, naissance des mouvements et des réseaux

 


Réseaux de renseignements 
Réseaux d'évasion 
Réseaux d'action 

Un exemple de mouvement 
Naissance et originalité des mouvements

Etape et actions des maquis en zone sud 

Témoignages :

Photos de la page :
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réseau de renseignements
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sabotage d'un train dans le Gard
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la Cévenne maquisarde 
carte de l'action des maquis dans le Gard : 

 


Objectifs :

* commandement, organisation
* recrutement, noyautage
* Information, diffusion
* Renseignements, liaisons et transmissions
* Hébergement, Ravitaillement, Sabotages, lutte armée
* Aider les Forces Françaises Libres




Les réseaux et les mouvements :

Les deux formes de groupement les plus répandues de la résistance intérieure française sont les mouvements et les réseaux. Dès 1941, sur le sol français se forment et se constituent les mouvements. En zone sud, là où le danger est moindre, trois groupes parviennent à éditer et à faire paraître un journal tiré à plusieurs milliers d'exemplaires : Combat, Libération-Sud et Franc-Tireur. En zone nord : Défense de la France et Libération-Nord. Ces journaux ont quatre types d'objectifs différents ou quatre spécialisations : propagande, renseignement, actions ( sabotages, attentats), évasion. Cette réussite se verra renforcer par l'arrivé de deux envoyés de la France libre : Yvon Morandat et Jean Moulin. Ces arrivées se soldent par un financement des mouvements qui jusqu'à lors par faute de moyens ne pouvaient pas communiquer et être en contact avec la France libre. La presse clandestine augmente les tirages et joue un rôle mobilisateur décisif pour les manifestations du 1er mai et du 14 juillet organisées par la résistance en liaison avec la B.B.C..

Les réseaux : 

"Dans le cadre de l'organisation de la résistance, un certain nombre de groupements furent crées avec, comme critère essentiel, d'avoir des liaisons rapides et fréquentes pour acheminer rapidement vers l'état major interallié de Londres les renseignements et la documentation qu'ils avaient recueillis sur l'implantation et l'action de l'armée d'occupation.

Le B.C.R.A. constituait la source de renseignements la plus importante des Forces Françaises Libres. Parallèlement, les armées alliées créaient également des réseaux dirigés le plus souvent par des Français, dont les renseignements étaient également adressés à l'état major interallié.

En Afrique du Nord et en Indochine, comme en France, les réseaux préparaient la libération du territoire où ils oeuvraient. C'était sous une forme particulière la continuation de ce qui a toujours existé : les agents des services spéciaux dont le rôle est de fournir à leur pays le maximum de renseignements de ce qui se passe dans le pays où ils résident.

Les conditions du combat clandestin en France et dans le pays d'outre-mer firent que ces groupements, plus connus sous le nom de " Réseaux de la France combattante ", se subdivisèrent en trois actions essentielles : renseignements, évasion, action. Disposant de moyens importants-émetteurs radio, liaison par avions, par navires de surface ou sous-marins, ou réduit au passage des frontières-chacun des réseaux avait une mission nettement déterminée dont la valeur devait se révéler de plus en plus considérable durant les quatre années de guerre.

Le processus traditionnel de création des réseaux était l'envoi par Londres d'un chef de mission qui, arrivé clandestinement en France avec sa radio, prenait les contacts nécessaires au recrutement de ses agents."

Le 19 juillet 1940, MANSION est le premier envoyé clandestin en France, le BCRA le fera suivre par bien d'autres "chargés de mission", ils recruteront en France des volontaires pour former des Réseaux. 

Réseaux de renseignements :

" Comme leur nom l'indique, chacun d'entre eux devait centraliser et faire parvenir le plus rapidement possible à l'état major interallié toutes informations recueillies sur l'importance et l'implantation des troupes allemandes, leur armement, leurs transports, leur ravitaillement les relèves, le nombre de permissionnaires, le point de fortification, le plan de lancement des V2, en un mot tout ce qui constituait l'appareil militaire de l'ennemi. Il suffit de rappeler qu'un train d'essence bombardé c'était l'immobilisation d'une division blindée ennemie pendant plusieurs jours mais encore fallait-il que le renseignement arrivât suffisamment vite et d'une manière suffisamment précise pour que le bombardement puisse avoir lieu.

Les réseaux d'évasion :

Il s'agit là d'une forme tout à fait nouvelle de le guerre secrète. En effet, nul n'ignore que la formation d'un technicien, notamment en ce qui concerne les aviateurs, les sous-mariniers et les physiciens, nécessite de longues années et que, de plus, il faut une expérience éprouvée pendant des mois et des mois de travail pour qu'un spécialiste puisse remplir la tâche qu'il lui est confiée. Durant les quatre années d'occupation, nombreux furent les avions alliés abattus sur le sol français ; chaque fois il s'agissait de sauver les pilotes, les co-pilotes, radios et tout spécialiste se trouvant à bord. Il fallait également, au travers des différents points de passage, soit par la frontière espagnole, soit par embarquement à bord d'un avion, soit à bord d'un navire, permettre au maximum de techniciens d'aller renforcer les forces alliées.
Ce fut le rôle premier des réseaux d'évasion. Grâce à eux, des milliers de militaires français et alliés purent poursuivre la lutte contre l'ennemi.

S'y ajouta très vite l'organisation de passages par air, par mer, par la Suisse ou par l'Espagne de civils vers la Grande-Bretagne et l'Afrique du nord. Plus de 30 000 tentèrent le passage par l'Espagne, plus de 20 000 arrivèrent et s'engagèrent dans nos armées.

Les réseaux d'action :

Conçus pour mener une guerre de subversion, ils avaient des objectifs fixés dans les instructions données aux responsables avant leur départ d'Angleterre (sabotage, essentiellement ;  mais aussi réception et stockage d'armes et de matériel, armement des maquis et, éventuellement, instruction et encadrement).

En effet, il était souvent très difficile d'exploiter, depuis Londres, des renseignements parvenus, quelquefois faute de temps, souvent faute de moyens.

Il était parfois extrêmement dangereux de se livrer à des bombardements massifs car les implantations militaires et les réserves allemandes se trouvaient souvent au milieu de la population française qui risquait ainsi de supporter le contrecoup des bombardements.

Il était alors préférable de se livrer à des actions limitées, mais extrêmement efficaces, plutôt que de se livrer à des destructions massives qui auraient empêché une reconstruction rapide au lendemain de la Libération.
De plus, au moment du débarquement, les réseaux "Action", en liaison avec les Combattants des Forces Françaises de l'Intérieur, les maquis et les mouvements de la Résistance, devaient généraliser l'insécurité de l'ennemi sur ses arrières, et en sabotant le maximum de voies de communication, empêcher l'arrivée rapide de renforts.

*D'après l'Echo de la Résistance n° 352 (journal de la C.N.C.V.R.) 1989, p. 32-33

 

Les mouvements : 

*"Issus de l'Appel du 18 juin 1940, fruits d'initiatives individuelles, réactions de groupements existants (philosophiques, politiques et syndicaux) attitudes actives de militaires décidés à reprendre le combat, les mouvements de la Résistance Intérieure s'organisent dans des structures cloisonnées, que l'action déterminante de Jean Moulin, Délégué général pour la France métropolitaine, parvient à unifier en mai 1943.

Dans sa première motion adressée à Londres, le Conseil National de la Résistance demande la création d'un gouvernement provisoire dont la direction doit être confiée au Général de Gaulle, lui apportant ainsi une adhésion concourant à une légitimité dont les Alliés réticents devront, finalement, tenir compte."


Les mouvements opèrent différemment : pour certains la propagande est primordiale, pour d'autres c'est le renseignement, pour d'autres enfin c'est la constitution de groupes paramilitaires pour des actions de choc.


"Schématiquement, les structures gardoises évoluent ainsi : 
- Par la fusion des trois mouvements : "Combat","Franc-tireur" et "Libération", sont mis en place les "Mouvements Unis de la Résistance" (M.U.R.) qui deviendront  par la suite le Mouvement de Libération Nationale (M.L.N.), reprenant une appellation ancienne.

Les directions nationales et départementales comprennent chacune : 
-le Recrutement, Organisation et Propagande (R.O.P) 
-le Noyautage des Administrations publiques (N.A.P) 
-le Renseignement 
-l'Action Ouvrière (A.O.) 
-la branche militaire avec : 
     l'Armée Secrète (A.S.) 
     le sabotage Fer
     les Groupes Francs
     le Service maquis.

-Le "FRONT NATIONAL" dispose de l'Organisation Spéciale ( O.S.) du P.C. et structure : 
-les F.T.P
-la Résistance au sein de la Main d'œuvre Immigrée (M.O.I.)

Les F.T.P. sont des "légaux" (les plus nombreux) vivant au grand jour, exerçant un métier, mais prêtant la main aux autres, les F.T.P. clandestins installés dans des mas, des fermes, des bergeries abandonnés. Organisés en compagnies (de 130 hommes environ) comprenant chacune 4 détachements, les F.T.P. ont, à leur tête et à chaque échelon, un "triangle de direction" : le C.O. (Commissaire aux opération : le militaire), le C.E. (Commissaire aux effectifs : le politique), le C.T. (Commissaire technique chargé du matériel, du ravitaillement) et un service de renseignements : le Service B.

-L'Organisation de Résistance de l'Armée (O.R.A.) est une émanation de militaires engagés antérieurement dans la Résistance et de cadres de l'Armée d'armistice ou en congé.

Elle est implantée à l'est et au nord-ouest du département avec un foyer à Nîmes."

*Les lieux de mémoire de la Seconde guerre Mondiale dans le département du Gard (collection chemins du souvenir) Partie n°7.

 

Un exemple de mouvement : Combat

Le mouvement Combat est crée à l'échelle nationale, en novembre 1941 par un officier, Henri Frenay. Il sera l'un des plus importants de la Résistance. Il se consacrera à la propagande et au renseignement, l'action étant assurée, à partir de novembre 1942, par l'Armée secrète (AS) dont le chef est le général Delestraint (Vidal), qui sera assassiné à Dachau en 1944. A l'A.S. s'ajoutent les groupes francs, créés par l'avocat Jacques Renouvin, qui mourra à Mauthausen.

Théoriquement, le cloisonnement entre les différents groupes, sauf au niveau des responsables, existe. Théoriquement aussi, on ne doit pas mélanger le renseignement et l'action, on ne doit connaître que les pseudonymes des membres du mouvement. Il faut trouver des habitations (des caches) pour des clandestins, des boîtes aux lettres, il faut recruter avec prudence, pour éviter l'infiltration d'espions de l'ennemi ou d'agents doubles. Tout doit se passer en secret: la diffusion des journaux, les rendez-vous. Bien que très bien organisé, Combat subira de nombreuses pertes à partir de 1943.

 

Naissance et originalité des mouvements :

"A la différence des réseaux qui se définissent par leurs objectifs militaires, les mouvements souhaitent agir sur la population. L'accroissement des effectifs constituent donc une propriété que bride la réalité politique et sociale de la France : aucune classe sociale, aucune structure politique (à l'exception du P.C.F.et, dans une moindre mesure, de la S.F.I.O.) ne bascule en effet ès qualités dans la résistance. Le recrutement repose sur un engagement individuel, absolument fondamental, que deux éléments semble-t-il, encouragent. Le journal, d'une part, en créant un lien entre des individus qui s'ignorent et en manifestant de façon tangible l'existence d'une infrastructure clandestine, facilite les ralliements. Les réseaux de sociabilité, d'autre part, jouent un rôle parfois décisif. Les ralliements s'effectuent le plus souvent au sein des milieux professionnels, qui redoublent ici et là des connivences politiques."

Jean Pierre Azéma et François Bédarida La France des années noires, tome II, Paris, le Seuil, 1993, p 70.

Les étapes et les actions des maquis en zone sud:

La naissance d'une résistance organisée est plus aisée en zone libre ; Lyon, jusqu'en novembre 1942, joue le rôle de capitale de la Résistance bien que la police de Vichy y traque les résistants. Au moment même où disparaissent les fondateurs des FTP et du FN se constituent les premiers maquis. C'est  en effet en 1943 que naissent ces groupes armés, dispersés mais combattant pour une même cause et animés des mêmes sentiments de lutte immédiate. On distingue quatre grands types de maquis présents dans le Gard : "Combat", FTP, ORA et CFL. Avec une deuxième vague de réfractaires ainsi que de Jeunes placés dans des fermes, qui veulent agir, les maquis deviennent une réalité. 
Les maquis les plus précoces sont ceux de l'A.S de Combat rattachés aux M.U.R. et au M.L.N. C'est René Rascalon, artisan plombier nîmois qui fonde le premier maquis de l'AS Combat dans le Gard en mars 1943. Crée dans son quartier de l'Eau Bouillie à Nîmes puis transporté dans les environs du Mas rouquette et finalement par mesures de sécurité le maquis s'installe dans les Cévennes. Le 12 mai, le maquis s'installe près de la maison forestière d'Aire-de-Côte en Lozère. Une centaines d'hommes avec à leur tête Jean Castan, vivent dans des conditions difficiles à 1200 mètres d'altitude. Malheureusement, un espion allemand s'infiltre dans le maquis et ce dernier est attaqué par les allemands dans la nuit du 1er au 2 juillet 1943 faisant 7 morts et 39 prisonniers. Le Maquis d'Aire-de-Côte se verra fusionner avec le maquis de Lasalle. Le maquis de Lasalle s'organise en 1943 grâce au Boulanger Guy Arnault au régisseur Francisque Robert et sera attaqué à son tour par la Milice le 28 février 1944 et par les allemands le 16 juin 1944. I changera 15 fois de cantonnement en une année. Il échappe au coup de la 9ème Panzer SS. Il s'unit au maquis d'Ardaillers fondé lui aussi en 1943 par le Pasteur Olivès.


" (…)  C'est le 12 juillet 1944 que naît le maquis Aigoual-Cèvennes de la fusion de ces deux groupes armées"     ( note : les 2 groupes armées sont le maquis de Lasalle et le maquis d'Ardaillers). "Commandé par le colonel Colas ( "Matignon" ), il est dirigé par un directoire comprenant les anciens chefs de maquis : Cassé, Olivès, Rascalon et Marcel Bonnafoux ("Marceau") qui a connu Rascalon en avril 1942 et dirige un Corps Franc. Il comprend 600 hommes à ce moment là, c'est le maquis gardois le plus important car il attire beaucoup de monde, venu de maquis ralliés ( celui du Col du Mercou, crée par Jean Viala Jean le Serbe, celui de l'Homme Mort, fondé par Zutter). En juillet, le maquis ORA d'Arphgy lui amène 150 hommes, et en août 450 gendarmes de l'Hérault le rejoignent avec leur commandant Colonna d'Istra. Au moment de la libération du Gard, le maquis Aigoual-Cèvennes comprend 2000 hommes.

Le maquis de Bir Hakeim , crée en 1943 par Jean Capel (Commandant Barot), venu lui aussi de l'AS de Combat, n'est pas gardois d'origine , mais il séjourne cinq mois dans le département. Installé en décembre 1943, près de Méjannes-le-Clap, après un périple qui l'amène au sud ouest, il est repéré et attaqué par les allemands le 26 février 1944 au mas de Serret. Il a pu décroché à temps, mais ceux ci exercent des représailles sur le hameau des Grottes ( La Bastide-de-Virac) situé près du mas. Barot quitte le Gard sur ordre des MUR pour la Parade, près de Meyrueis en Lozère. Mais les Allemands, sur ses traces, prennent son repaire et tue 59 maquisards le 28 mai, dont le chef. Les débris se réfugient dans l'Hérault, près de Rabieux, où ils participeront à la libération de ce département.

Second ensemble, les maquis FTP s'implantent en Basse-Lozère. Quelques-uns ont préféré une zone plus découverte : régions de Sauve (maquis de Coutach), de Barjac-St-Ambroix (Louis Ferr, "capitaine Jacques", en septembre 1943, et camp de Lachamp) qui couvre toute la zone nord du Gard. Mais la Basse-Lozère offre une protection mieux assurée avec ses montagnes boisées et ses mas abandonnés. Sous l'impulsion de Roger Torreilles ("capitaine Marcel") est créé le premier maquis FTP, le 27 juillet 1943, dans la ferme de Figuerolles, à la limite du Gard, confié à un instituteur, René Bibault ("capitaine Jean"), qui se déplace au Collet-de-dèze à l'automne, puis au Crespin et aux Bouzèdes, où il reçoit l'aide des Résistants de Vialas entraînés par un autre instituteur, l'Alsacien René Eyrard. Attaqué par les Allemands, la Milice et les GMR, il se réfugie au Mont-Bougès (à 1 300m d'altitude). Le 6 juin 1944, il reçoit le renfort de FTP du bassin houiller venus les rejoindre. Ceux qui restent, les "légaux", sont évalués par A. Vielzeuf à 2 500 qui leur apportent une aide logistique. Les FTP de Nîmes sont regroupés autour du dépôt SNCF de Courbessac. Le maquis FTP de Basse-Lozère quadrille
alors toute la région du Pont-de-Montvert à Portes. Aux 850 hommes, sont venus se joindre 600 MOI (Main-d'œuvre Immigrée) que le PC organise en Corps Francs, comme la Brigade Montaigne dirigée par François Rouan (dit Montaigne), créée fin août 1943 à partir d'étrangers des Brigades internationales. Parmi ces MOI, 450 Arméniens, enrôlés de force dans l'OST Légion, évadés grâce à la Résistance lozérienne, qui sont venus se joindre.


Fin juillet, ils sont sans doute 3 000 maquisards FTP. Les Allemands les surestiment et le montrent par leurs attaques répétées : au Col de Jalcreste le 28 février 1944, à Vialas et aux Bouzèdes les 5 et 6 juin, à Portes les 7 et 8 juillet, au Collet-de-Dèze le 20 juillet, à Banne les 25 et 27 juillet.


Troisième groupe, l'ORA (Organisation de Résistance de l'Armée) n'apparaît que fin juillet 1943. Dans le Gard, le pasteur Georges Gillier, de Mandagout crée le 29 juillet un camp qui devient, trois mois plus tard, le maquis d'Arphy. Il prend par la suite le nom de maquis des Corsaires, avec indicatif "Etre, c'est lutter et vivre, c'est vaincre". Ce nom lui vient du général Guillot, dit "le Corsaire", chef de l'ORA 3, tué par les Allemands. Ceux-ci attaquent le maquis le 28 février 1944 et cherchent à s'installer à Arphy. 

Le chef de bataillon, Georges Vigan-Braquet, organise l'ORA du Gard en cinq groupements dans la région de Rochefort-du-Gard et de Lussan. En juin 1944, se constitue le Corps Franc des Ardennes dans la forêt de Malmont, près de Rochefort. Bien que correctement approvisionné en armes, il est stratégiquement mal situé et relativement paralysé par la présence à proximité du terrain d'aviation de Puja
ut utilisé par la Luftwaffe.


Enfin dernier ensemble, le plus récent, les Corps Francs de Libération (CFL) se forment fin mai 1944, à partir d'éléments venus d'horizons divers : AS, Groupes Francs, Action Ouvrière. Leur chef est Michel Bruguier ("Commandant Audibert"), chef-adjoint de l'Action Ouvrière du Gard, fils du sénateur socialiste, aidé de six hommes dont Ranquet ("capitaine Reboul"), Louis Paul ("capitaine Marin"). Installés dans les Vallées Française, puis Borgne, sur les collines au-dessus des vallées minières de l'Auzonnet ("Camp de Bayeux") et de la Cèze ("Camp Beaumont"), ils manquent d'armes, ce qui limite leur participation à la lutte armée. Ils passent cependant de 75 à 250 puis 600 hommes."

Armand Cosson, Nîmes et le Gard dans la guerre 1939 1945, p.120 123

L'ORA recevra deux parachutages dont le 1er est le 11 avril et le deuxième, le 25 mai 1944 qui arrivera à bonne destination. Le 1er août le maquis Aigoual-Cèvennes récupère en totalité un parachutage d'armes surnommé "Blind".

Après l'annonce du débarquement plusieurs brigades de gendarmerie rejoindront les maquis gardois au nombre de 12 environ à cette époque. Malgré les représailles intenses et violentes des allemands les actions maquisardes gardoises et nationales s'intensifieront avec la création en outre des F.F.I. Crées officiellement et confiées au commandement du général KOENIG, elles opéreront avec le soutien des maquisards et fin mai 1944 les F.F.I. changent de commandement qui est confié à Michel Brugier ( commandant "Audibert"). Les F.F.I. deviennent une nouvelle force armée qui contera beaucoup lors du débarquement de Provence.

 
Les actions des maquis gardois deviennent vraiment importantes à partir de mars 1944 avec, le 10 un sabotage des voies de communication et de transports. Le 11, le dépôt de machines saute et le 28 mars des lignes de haute tension sont inutilisables pendant près de huit heures. Tout au long de l'année et jusqu'à la libération les actions des maquisards seront considérables ; ces derniers saboteront des voies de communication et de transports, voleront des vêtements, des produits alimentaires, des explosifs et appellent aux grèves générales. Ils volent plusieurs centaines de litres d'essence provoquant ainsi des arrêts de travail. L'argent ne les laisse pas indifférent non plus et volent près de 650 000 F aux mines de la Rochebelle. Ils délivrent 20 prisonniers de la maison Centrale à Nîmes mettant en péril leur vie à tout moment. Mais les Allemands lancent des contres offensives sur les maquis. La Milice ne les épargne pas faisant plusieurs dizaines de prisonniers et quelques morts.

La répression sanglante des Allemands n'empêche pas le soulèvement général vers la fin de la guerre. Quatre à Cinq milles hommes sont près pour le sursaut libérateur.

 

 

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Réseaux de renseignements : un opérateur radio transmet des renseignements à Londres

 

 

 

"La vie clandestine a nécessité une mutation profonde des conditions de vie pour ceux qui sont totalement engagés dans la Résistance. Le plus longtemps possible, le résistant essaie de continuer sa vie, ses activités normales qui lui servent d'alibi. Pour la vie clandestine, il adopte un autre nom -- le pseudo --, une autre adresse, un autre personnage, il faut préserver la sécurité des siens, des autres membres du groupe, établir un cloisonnement rigoureux entre les différentes activités de chacun des membres, dans leurs relations entre eux afin que la capture d'un résistant ne fasse pas tomber toute la chaîne, pour que les «boîtes aux lettres», les caches, ne soient pas toutes brûlées. "
«La Résistance»(Martinsart, 1971).

 

 

"Il est difficile, pour qui ne l'a pas vécue, d'imaginer l'existence des résistants. Ils devaient travailler dans l'ombre, dans la clandestinité. Il fallait se méfier de tous, parfois même de ses propres amis: une imprudence, une indiscrétion étaient si vite commises. La vie se compliquait du fait de la rareté des choses: manque de vélos. de pneus. Il fallait des bons, des cartes de toutes sortes: cartes de pain, d'alimentation, de travail, jusqu'à la fausse carte d'identité indispensable aux ouvriers de la nuit."
«Visages lexoniens» (inédit)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Sabotage d'un train dans le département du Gard

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



La Cévenne maquisarde (Cdt Rascalon) Carte de la région de Lasalle tirée du livre du Cdt Rascalon, où se retrouvent tous les lieux de combats et de retraite de ce maquis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Carte de l'action des maquis dans le Gard établie par Aimé VIELZEUF et Jean CASTAN.

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